Alliance Jef Jel

Entretien avec Yéro Ba, vice-président de l’Alliance ` Jëf Jël « Malgré les départs, notre parti n’a jamais été aussi fort »

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Dans cet entretien, le numéro deux du Jëf Jël s’est prononcé sur le récent départ de Moussa Tine de la formation dirigée par Talla Sylla. Il revient également sur l’affaire Segura, la candidature unique de l’o cpposition et le dialogue politique. Autant de questions qui restent en suspens.


Au niveau du Jëf Jël, comment avez-vous vécu le départ de Moussa Tine et d'autres responsables qui viennent de créer un autre parti ?


http://free0.hiboox.com/images/4409/diapoa745c6449e490a240ada61081adccb3e.jpg?3Nous l'avons vécu avec sérénité et, il faut bien le reconnaître, une pointe de regret. Voyez-vous, le Jëf Jël est une maison au sens d'un domicile avec un état d'esprit connu de tous les Sénégalais. Dans un domicile, il y a ceux qui y habitent et il y a des visiteurs. Or Moussa Tine, Benoît Sambou ou Moussa Sow peuvent être considérés comme des habitants de cette maison puisqu'ils en ont posé les fondements. En effet, tous ces hommes de valeur partagent avec nous l'esprit Jëf Jël incarné par les valeurs de courage politique, de désintéressement patriotique, de responsabilité et surtout, cette détermination à restaurer la morale en politique en asseyant toutes nos initiatives sur l'engrenage vertueux de l'éthique et du caractère sacré du peuple sénégalais.

Quant à la fragilisation de notre parti, ma réponse est non. Le  Jëf Jël aujourd'hui est plus fort. La preuve, ce sont les résultats obtenus lors des dernières élections locales, les meilleurs que le parti ait obtenus jusqu'ici. La vie des partis politiques est ainsi faite de départs et d'arrivées et nous prenons cela avec philosophie.


Comment expliquez-vous le fait que Talla Sylla perde de plus en plus ses meilleurs lieutenants, il y a eu Benoît Sambou, aujourd'hui c'est Moussa Tine, Aliou Sow. est-ce dû à un problème de management de la part de votre leader?



Les vraies raisons qui expliquent les départs de ceux que vous appelez "les meilleurs lieutenants de Talla sylla" ne peuvent vous être fournies que par les concernés eux-mêmes.

Ce que je peux dire c'est qu'au Jëf Jël, sous la conduite ou le management du président Talla Sylla, nous essayons tous les jours de nous identifier à partir d'un processus participatif et donc démocratique, et en dehors de toute attitude obséquieuse, les contraintes d'ordre institutionnel, économique, social, culturel, qui empêchent un mieux-être palpable des Sénégalais, et de mener la bataille pour accéder aux stations qui nous permettront d'y apporter des solutions. L'esprit démocratique est une réalité au Jëf Jël. Les partis politiques au Sénégal sont pour l'essentiel sous le contrôle d'un homme ou de clans, d'hommes peu enclins au renouvellement de leurs positions d'autorité. Ce n'est pas le cas chez nous où, à la manière d'un métronome et conformément à nos statuts, nous organisons régulièrement congrès et conseils nationaux, qui sont des instances et des occasions de renouvellement du leadership.


Kotch : Vous avez fait une sortie remarquée sur l’affaire Alex Segura, soutenant la thèse d’un complot ourdi contre le FMI. Maintenez-vous cette analyse et avez-vous des éléments pour l’étayer ?


Nous avons précisé qu’avec ce genre de Gouvernement, tout est possible. Nous avons également précisé qu’il faut une commission d’enquête pour déterminer les tenants et les aboutissants de cette affaire. Mais que, d’ores et déjà, nous ne pouvions exclure l’hypothèse d’un coup tordu du Gouvernement pour discréditer un homme. Nous n’affirmons pas de manière catégorique et définitive que c’est cela. Mais nous travaillons sur des hypothèses et celle-ci est d’autant plus plausible, que nous savons que nous avons affaire à un Gouvernement à la rancune tenace. Tout le monde se rappelle que le FMI et son représentant, ici, ont été les principaux dénonciateurs des dépassements budgétaires qui ont causé un énorme souci. Encore une fois, nous réclamons une commission d’enquête, et s’il y a un acte de corruption les principaux concernés doivent en répondre.


Pensez-vous que la lumière va être fait sur cette question, avec le vent d’impunité qui souffle dans ce pays ?


Nous ne comptons pas tellement sur le Gouvernement pour faire la lumière. Combien d’affaires y a t-il eu dans ce pays dont on attend toujours que lumière se fasse ? Le dernier exemple est celui qui nous concerne le plus : l’affaire Talla Sylla. Il y a beaucoup d’affaires dans ce pays dont on attend le dénouement, et qui à ce jour ne le sont pas encore. Toutefois, nous pensons que le FMI, la Banque Mondiale et les institutions de coopération internationale ont les moyens d’obliger l’Etat à faire la lumière sur cette affaire. C’est une exigence nationale.


Le dialogue politique piétine, y croyez-vous ?


Nous le Jef jel, nous sommes cohérents. Dés le départ nous avions affirmé que Wade proposait un jeu de dupes. Cela est d’autant plus vrai que nous sommes dans une situation où, il essaie de mettre en mal l’Opposition vis-à-vis de l’opinion publique. Or l’Opposition aussi d’une certaine mesure essaie de ne pas se faire voir comme des gens qui refusent le dialogue. Nous considérons que Wade traverse une situation difficile et cherche une plate-forme médiatique pour se sortir momentanément de la situation difficile où se trouve son régime, je pense au livre d’Abdou Latif Coulibaly, à l’affaire Segura et j’en passe. D’ailleurs, la preuve c’est la dernière réponse à Benno. Cette situation l’oblige à appeler à un dialogue qui sera sous forme de show médiatique, le temps de montrer à la face du monde que, dans ce pays il y a un dialogue politique. Pour dialoguer, il faut être deux. Dans ce cas de figure, il y a quelqu’un qui veut dialoguer et un autre qui veut ruser. Chacun veut tirer la couverture sur lui. Nous ne sommes pas preneurs. Quand deux personnes n’ont pas confiance l’une dans l’autre, je ne vois pas comment elles peuvent dialoguer.

Croyez-vous à une candidature unique de l’Opposition pour l’élection présidentielle de 2012 ?


Nous y travaillons. Vous savez que le Jëf Jël a énormément contribué à la création même de Benno. Si la structure existe, quelque part, c’est grâce au Jef Jel. Nous étions la seule structure à appartenir à la fois au Front Siggil Sénégal et à ICR/Benno Wallou askan wi, dont nous sommes membre fondateur. Benno, c’est de la fusion des deux entités. Nous étions le pont pour sa création. Ainsi, pour nous, la leçon qu’il faut tirer des élections locales est que les populations attendent de nous un candidat unique. Nous avons déjà fait des propositions. Il y a eu un séminaire lors duquel, nous avons proposé de faire une commission à laquelle chaque parti doit envoyer ses positions par rapport à la question. Nous avons proposé une candidature unique, mais une candidature de transition, pour mettre en œuvre au moins le consensus minimum issu des conclusions des Assises nationales. Après on pourra organiser d’autres élections. De toutes les façons, nous travaillons sur plusieurs hypothèses, mais peut-être qu’à la fin il y aura une solution.


Qu’entendez-vous par candidature de transition ?


Au Jëf Jël nous considérons que la base pour développer un pays ce sont les Institutions. Or, l’état actuel de nos Institutions est exécrable, nous sommes dans un Etat néo-patrimonial. Comme je le dis souvent, nous avons un pays qui ayant hérité d’un Etat et nous nous acheminons tranquillement vers la monarchie. Et si nous ne faisons pas attention, nous allons vers la féodalité. Or la science politique enseigne que les Etats sont partis de la féodalité à la monarchie et de la monarchie à la République. Nous sommes en train de faire le chemin inverse. Donc partant de cela, nous nous sommes dit que la base, c’est de remettre les Institutions. Sur ce plan-là, les Assises nationales ont énormément aidé. Maintenant pourquoi une candidature de transition ? Cela a plusieurs avantages. Le candidat de transition n’a pas le droit, je le précise, de se présenter à la prochaine élection, cela peut déjà permettre d’avancer dans la candidature unique. Parce que, si un tel monsieur est intéressé par deux mandats, il ne sera pas candidat à la candidature unique. Donc, de ce point de vue, il y a déjà un intérêt. Ensuite, la candidature de transition permettra de mettre en place les Institutions et après quoi, au bout d’un temps qui sera défini d’un commun accord, ce candidat-là aura fini son travail et on organisera enfin pour la deuxième fois, peut-être, au Sénégal des élections claires transparentes et indiscutables après celles de 2000. Je pense que c’est ça l’avantage de la candidature de transition. C’est un monsieur qui sera là pour refaire les Institutions et organiser des élections, ainsi, le parti ou les coalitions qui auront gagné auront la légitimité nécessaire pour dérouler un programme.


Propos recueillis par Gaston Coly
   

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